ENTREVUE: PHIL VAILLANCOURT: L'ART DE POSER LES BONNES QUESTIONS

Après avoir discuté avec plusieurs musiciens et même quelques photographes de concert, je me suis demandé; Pourquoi ne pas m'entretenir avec une personne qui fait un peu la même chose que moi ? Il y a quelques semaines, j'ai eu la chance d'échanger avec Phil Vaillancourt, le "mastermind" derrière "Le Clash Podcast". De Hugo Mudie (The Sainte Catherines, cofondateur du Pouzza Fest) aux Vulgaires Machins, Phil a réalisé d'innombrables entrevues plus étoffées et fascinantes les unes que les autres avec des pionniers de la scène punk montréalaise. Bien que nous ne proposions pas exactement le même type de contenu, nous avons certains points en commun comme le fait de vouloir poser des questions originales et le désir de jaser avec des gens aussi passionnés que nous. Voici mon entretien avec Phil Vaillancourt, un grand fan de musique et une personne dévouée à la réalisation d’entrevues de qualité allant au-delà des questions typiques. Merci d’être là !

Phil en discussion avec Guillaume Beauregard et Marie-Ève (Vulgaires Machins) et Hugo Mudie (The Sainte Catherines, cofondateur du Pouzza Fest), photo par @dominicgendron 

J'ai lu que "Dookie" de Green Day est un album vraiment important pour toi.  Donc, je me demandais si tu pouvais interviewer Tré Cool, Mike Dirnt et Billie Joe Armstrong, qu'est-ce que tu leur demanderais, tu penses? 


Je n’aime pas ça poser les mêmes questions. Puis Green Day, il y a combien puis de pages puis d’heures d'entrevues qu’ils ont fait déjà. Ça doit être vraiment tough de trouver quelque chose qu'ils ne se sont jamais fait poser. J'essaierais peut-être d'aller dans le côté historique comme je le fais avec "Le Clash Podcast". J'essaierais de trouver une information nichée de bands passés pour que ce soit un peu différent. Des questions précises, je ne sais vraiment pas. Puis en plus, je me suis fait proposer de faire des entrevues avec des bands américains auparavant. Vu que ce n'est pas ça que je fais, on dirait que je ne suis pas à l'aise d'aller là-dedans. Eux autres, je dirais oui. Mais, je pense que je serais starstruck. Les trois, ce sont des personnages à part entière, des modèles. Avant Green Day, il y avait un autre nom, j'essaierais de trouver quelque chose sur ce groupe-là. Je trouverais ça cool. J’aime beaucoup décortiquer les pochettes d’album, les liner notes et les noms précis (réalisateurs, graphistes, gens qui font la prise de son). Il y aurait sûrement quelque chose à poser sur un nom qui n'est jamais soulevé. C’est souvent dans ces moments-là que tu as les plus belles anecdotes.  


Tu as mentionné avoir eu un eye contact avec Billie Joe lors du show de The Longshot à Montréal. 


Oui, le eye contact s’est fait pendant une reprise de "Ziggy Stardust" de David Bowie. Je dis eye contact, j’étais aux Foufounes électriques dans le noir, il m’a clairement pas vu. C’était malade. Green Day, j’écoutais ça en secondaire 1 dans l’autobus. Mon école était à une heure de chez nous. J’avais juste "Dookie" sur une cassette. L’album durait moins d’une demi heure. Je pouvais l’écouter quatre fois par jour. Encore aujourd’hui, je ne suis pas tanné.


As-tu vécu d’autres moments mémorables comme celui-là durant des shows ?


Je dirais qu’il s’agit plutôt de shows mythiques. Cette année, j’ai pu voir Blood Command au Pouzza. Ça fait longtemps que je n’étais pas allé à un show qu’au moment où je suis sortie de la salle, je me suis dit: Ça vient de rentrer dans mon top 5. Je regardais les gens autour de moi puis, je voyais dans leur visage qu’on vivait un moment. C’est un band norvégien. Leur chanteuse est australienne. C’est du Hardcore qui rencontre de la Pop. C’est comme Abba rencontre du Hardcore. La chanteuse rappelle Amyl and the Sniffers, mais en plus provocante. C’était fou.


Si tu avais la chance de documenter la vie d’un musicien ou d’une musicienne pendant 24 heures, qui choisirais-tu? 


Ça serait David Bowie. Je ne pourrais pas dire si c'est mon chanteur préféré ou ma musique préférée, mais c'est mon artiste global préféré pour tout ce qu'il a fait. Il l'a tout le temps fait avec une optique vraiment artistique. Je serais vraiment curieux de voir comment cette personne-là vit sa vie au quotidien. À part certaines périodes très droguées dans les années 60, 70, 80, il a l'air d'être quand même accessible en entrevue si tu réussis à le booker. Chaque fois, il a l'air d'être une personne agréable qui ne fait pas sa rockstar. Le fait de savoir à quel point sa tête doit non-stop réfléchir à faire des connexions avec qu'est-ce qu'il voit et comment il peut l'interpréter. Aller au café, prendre une marche, tout ce qu'il fait, comment ça s'est transposé musicalement, visuellement, dans ses films. Je serais curieux de voir comment il peut rester autant calme, posé et serein en ayant tout ce qui se passe dans sa tête en même temps.


Vivant, je ne sais pas. Je le fais déjà. J’invite des artistes dont le cheminement m'intéresse. N’importe qui de Metallica m’intéresserait aussi. J’ai commencé à les écouter au primaire. Ils ont l’air "smatte". Lars Ulrich est mon drum hero.


Penses-tu que tu serais nerveux à l'idée d’interviewer David Bowie? 


Pour vrai, j’ai fait une entrevue tantôt avec une artiste et j’étais nerveux. Je pense que ça serait le même genre de stress. Un coup que la discussion est commencée, ça passe. Quand tu poses une première question à quelqu'un, il y a toujours cette crainte que la première réponse soit super courte et que ça nous déboussole. Par contre, ça n'arrive pratiquement jamais. Au bout du compte, tout le monde est humain. 


Au niveau local, je dirais Richard Séguin. C’est ça que ma mère écoutait. Elle est encore une grande fan. 


J’ai appris que tu avais participé à un “Battle of the Bands” avec un de tes anciens bands. Si tu étais juge dans ce genre de compétition, quels seraient tes critères  ?


Le premier critère serait que la musique soit bonne. Ça affecterait ma décision à 80%. Dans les “Battle of the Bands”, de ce que moi j’ai vécu, plus tu invites de monde, plus tu risques de gagner. Ce n'est pas nécessairement le meilleur band qui l’emporte. Il faut aussi trancher et choisir les gens les plus gentils avec qui tu voudrais travailler. Si la musique est bonne, mais le band ne se prend pas pour de la marde… 


Serais-tu prêt à accepter une invitation si l’occasion se présentait ?   


Oui, c’est sûr! Je me demande comment les autres juges réagiraient. Ça dépend d'où l’argent s’en va. Je ne voudrais pas que ça soit une business qui fait de l’argent sur le dos des artistes. Au “Battle of the Bands" auquel j’ai participé, le staff et les juges étaient super "smattes". Les bands étaient super bons, mais quand tu gagnais, tu ne devenais pas connu. Donc, je participerais, mais c’est pour vraiment mettre des bands de l’avant et non juste faire rouler une business. Le band gagnant était amené à faire un show dans un champ en Allemagne. Il n'y avait personne. Il faudrait que ce soit dans une autre province sinon, j’aurais peur de savoir quel band je préfère avant même qu’ils ne jouent. 


Si tu regardes/écoutes le premier épisode de ton podcast versus les épisodes tu as récemment fait paraître, à quel point tu vois une évolution?  


J’ai plusieurs premiers épisodes. Le premier enregistrement que j'ai fait audio, j'ai transposé en podcast après ma première entrevue ever. C'était pour le blog Barricade Punk, qui n'existe plus malheureusement. Il m'avait envoyé interviewer Franz de Grimskunk. puis ça n'avait pas marché. C'était après le spectacle, puis il était trop occupé. Alors, j'avais fait une entrevue téléphonique avec lui par après de 45-50 minutes. C'était quand même long, il a vraiment été super généreux. D'ailleurs, je ne l'ai jamais revu en personne. Il est encore dans ma liste d'invités que j’aimerais avoir. Mes questions étaient beaucoup moins recherchées, c'était plus naïf. Ça ne visait pas un objectif en particulier, c'était un peu éclaté all over the place. C’était la sortie d’un nouvel album,  alors c'était dans un moment très précis. Sûrement que les questions que je lui avais posées, c'était des questions qu'il avait déjà eues auparavant. Côté technique, je l'avais fait sur mon vieux iPhone, puis j'avais mis micro à micro, puis c'était ça le podcast. C'est quelque chose que j'ai fait plusieurs fois pendant la pandémie avant de downloader Zoom. Côté technique, ça sonne mieux.


Sinon, le premier, premier, c'était avec Israël de Capable, qu'on avait enregistré avec mon laptop puis un micro dans le studio de pratique de Capable à l'époque. Mon micro n'était pas activé, fait que c'était le micro du laptop qui avait tout enregistré, puis ça sonnait pas super bien.  Quand tu as des erreurs techniques comme ça, bien, t'es fait plus après.Tu sais, Israël a fait beaucoup d'entrevues, puis il est tout le temps super gentil, super généreux avec le monde en plus qui commence des projets. Mais tu sais, côté contenu, c'était... Je ne pense pas que je le referais. Il fallait que je commence à une place puis l'entrevue était relativement bonne de ce que je me souviens. Capable n'avait pas fait des tonnes d'entrevues à l'époque non plus. Ça doit être une des premières enregistrées avec eux autres. Puis quand j'ai commencé le podcast, c'était beaucoup pour parler à des musiciens de la scène qui étaient parents en même temps que des musiciens. Je te dirais qu'il y a au moins la moitié du monde que je reçois ont des enfants. Tu sais, j'essaie de départager entre les différentes générations pour ne pas être juste représentatif des vieux musiciens. La première entrevue c’était avec mes amis qui avaient sorti un court-métrage sur le Pouzza Fest. L’entrevue s’était faite dans mon sous-sol. Ce n'était pas si pire que ça.


Phil en action, photo par @dominicgendron


Est-ce qu'il y a un épisode en particulier dont tu es particulièrement fier ? 


Ce sont les épisodes durant lesquels j’ai reçu des invités qui roulent leur bosse depuis longtemps, le genre d’invités que je voulais recevoir depuis un moment. Puis souvent, ce sont des entrevues qui me prennent plus de temps à préparer. Tu sais, Ripcordz qui a 40 ans de carrière ou The Planet Smashers aussi. Je suis rendu à un point où je peux échanger avec ce monde-là sur Messenger pour booker une entrevue, puis qu'ils acceptent. Je me dis que j'ai dû faire de quoi de bon pour que ça se rende là. Les premières entrevues que j'ai faites avec, disons, des membres des St. Catherines, tu sais, je m'en souviens, Hugo Mudie a été dans les premiers. Marc-André Baudet puis Louis Valiquette m'ont invité dans leur sous-sol. Je suis presque à 200 épisodes, puis je ne sais jamais à quel point ce serait quoi mes top épisodes. Je ne me souviens plus des épisodes, mais je me souviens plus des rencontres avec les personnes. La scène est petite. Maintenant, quand je vais à des spectacles, je me rends compte à quel point 95% du monde que je connais aujourd'hui, ce sont des gens que je connais à cause de ce projet-là. Je pense qu’il s’agit plus de moments d'épisodes. Par exemple,quand je réussis à trouver la petite information qu’ils sont comme: "What the fuck?" 


L’épisode avec Sébastien, le guitariste de Simple Plan, j'étais vraiment fier parce que je n'ai pas l'impression que j'ai posé beaucoup de questions auxquelles il  avait déjà répondu auparavant. Je pense qu'il a aimé son expérience. On a échangé beaucoup par courriel. Tu aimes ou tu n'aimes pas Simple Plan. Qu’on parle du côté Punk ou pas Punk, il n'y a personne qui peut douter que ce band-là, c'est un des plus gros bands de Rock qu'on n'a jamais eu au Québec de tous les temps. D'être capable de l'inviter dans un studio, six pieds par six pieds sur Le plateau. Pour l'ampleur que ça a eu, je suis vraiment fier. Je te dirais que celui-là, c’est un accomplissement d'avoir réussi ça, Ça se voit aussi pas dans les chiffres d'écoute. On ne le fait pas pour le nombre d'écoutes, mais c'est comme « Ok c'est next level ».


Mes entrevues avec General Chaos et Conflit Majeur font partie des premières entrevues qu'ils ont eues, ça aussi, ce sont des moments de fierté. «Hey merci, c'est notre première entrevue ». Thick Glasses je m'en souviens, ça devait être leur première ou leur deuxième entrevue, puis aujourd'hui, c'est une gang que je croise tout le temps, puis je les adore. J'ai reçu Roy Vucino quelques fois, je pourrais le recevoir 50 fois en entrevue. Même chose pour Hugo Mudie. 


La deuxième entrevue que Phil a réalisé avec le jeune band punk montréalais General Chaos, 2026


Tu as mentionné sortir des épisodes chaque 2 semaines, est-ce que cela difficile ? Est-ce qu’il y a des moments durant lesquels ça te tente un peu moins ?


Je frappe des murs. Il y en a qui disent qu’à force faire des marathons, à un moment donné, tu frappes ton mur. Je ne suis pas tanné du projet, je n'ai jamais arrêté d’aimer ce que je faisais, mais... Le monde voit le résultat, mais tu sais le booking, ce n'est pas tout le temps facile. Le booking, le temps que tu mets dans la recherche, je pense que la vraie partie que j'aime le plus, c'est de faire la recherche. Après ça, tu sais, le montage, c'est plate. Tu as fini ton épisode, puis il faut encore travailler dessus avant de passer au prochain. Après autant d’épisodes, je suis le gars du podcast. Je ne serai jamais capable d'arrêter. Si à un moment donné, je suis vraiment tanné, je pense que je prendrai un break ou je ralentirai. Mais ce n'est pas grave que j'en fasse pas un au deux semaines non plus. Tu sais, la vie continue. Mais, c'est une passion. Il n'y a jamais eu un moment où je me suis dit « je suis à ça de tirer la plug J'ai déjà annoncé même au 150e épisode que j'allais prendre une pause. Je ne l'ai jamais fait. Ça fait trois ans, quatre ans de ça. Ça me fait trop triper pour arrêter, puis si je ne le fais plus sous ce format-là, je vais trouver autre chose. Des fois, je suis tanné du côté de la job que ça prend pour le faire, puis pour le « release ». J'ai lâché bien des affaires avant de lâcher ça, là. J'ai lâché des chroniques que je faisais à la télévision, j'ai lâché même un de mes bands que j'avais depuis un bout, mais le podcast, c'est sûr que non. On fait tout, c'est beaucoup de job, mais t'es ton propre boss, tu gères ça comme tu veux. C'est le seul projet où j'ai 100% le contrôle, puis la direction que ça peut prendre. Si j'arrête le podcast, ça sera vraiment pour des raisons de santé. 


Est-ce que tu sais déjà avec qui tu vas faire ton 200e épisode? 


J'ai des invités en tête. Je vais me faire un genre de «Wishlist ». Il y a deux invités que je veux vraiment recevoir. Il y a Vincent Peake qui est dans projets. Il roule depuis les années 70. Il a eu des bands métal, des bands punk, puis c'est encore une figure hyper présente dans le milieu culturel underground. Je lui parlé une fois en personne, puis on a parlé des expos de Montréal. Fait que je pense que j'ai un bon lien avec lui. Puis sinon, l'autre invité que j'aimerais beaucoup recevoir Béton Armé. Ils sont hyper occupés en ce moment. Ils viennent de jouer aux Francos devant je ne sais pas combien de milliers de personnes. Ils tournent
à travers le monde. Malgré tout leur succès, ils sont restés ancrés dans les bonnes valeurs.


Vas-tu faire quelque chose de spécial pour célébrer ton 200ème épisode? 


J’ai approché le Turbo Haus, puis par hasard, je ne savais pas à qui j'écrivais, mais j'ai écrit à Michelle Ayotte que j'ai déjà eu en entrevue, qui est parmi les fondatrices du Turbo House. Elle était impliquée dans le Katacombes et dans plein d'affaires auparavant. J'ai écrit, je pense, fin 2025 pour être sûr d'avoir un vendredi ou un samedi pour qu'il y ait du monde qui se pointe. Le 5 décembre, c'est un samedi, en après-midi, au Turbo Haus, parce qu'il y a un spectacle le soir. Je ferai deux épisodes avec les invités de ma wishlist. C'est Alex Philipps qui va venir filmer et enregistrer l'audio. C'est pay what you can, puis moi, tout l'argent que je vais faire, je vais le donner à Alex pour son déplacement, son équipement, et son travail.


J'ai lu que tu avais des goûts musicaux vraiment variés. Tu as mentionné les Ramones, David Bowie, les Vulgaires Machins. Tu as même mentionné que tu aimais le R&B et le Soul des années 60. Si tu avais la chance de créer ton propre festival, ça ressemblerait a quoi ? Est-ce ça se passerait a l'intérieur ou a l'extérieur?


J’y pense vraiment régulièrement, mais une chose qui est tough, c'est que le Pouzza Fest est tellement proche de ce que j'aimerais faire. C'est sûr que ça serait un petit festival. J'aimerais ça que ce soit un peu comme le Pouzza Fest mais a petite échelle, disons qu'il y a une scène extérieure dehors gratuite et des salles intérieures. J'aimerais que le headliner, ça soit un band de l'ampleur de Capable ou une Conflit Majeur des bands que tu connais si tu tournes autour de la scène. En fait, j'aimerais ça faire "Le Clash Fest" avec des bands que j'ai invités. Ça demande beaucoup d'organisation. J'ai organisé des festivals d'une fin de semaine. Ça pourrait être sur le bord de l'eau à Boucherville.


Et si tu pouvais faire un plus gros festival. Tout ce que tu as a faire c'est de choisir les artistes et les bands.


J'essaierais beaucoup d'avoir les Doughboys. C'est comme, moi à mes yeux, c'est le band punk montréalais qui a eu beaucoup de rayonnement. Beaucoup de monde à l'international les connaissent pour ce que c'est. Ils pourraient headliner. Il y a beaucoup de projets qui n'ont pas abouti. Tu sais, des bands composés de musiciens de différents bands qui ont eu une couple de jams, qui ont enregistré des démos. J'aimerais que des bands se réunissent comme le band hardcore No Policy. La bassiste travaille comme costumière pour Kiss. Une réunion de Blue Oil ça serait vraiment malade. C'est sûr que j'incluerais The Planet Smashers. J'aimerais convaincre Hugo Mudie de faire "Concerta Fantasio", un album qui est sorti pendant la pandémie. Il y aurait aussi Taxi Girls, Pasmort, Pace. Je ferais vraiment l'exercice de ne pas avoir que des vieux bands. Je garderais ça local.


Si tu avais deux bands à recommander, donc un jeune band puis un band peut-être qui est un band de vétérans, mais qui n'est pas assez reconnu selon toi, ça serait qui ?


On va dire un band de vieux qui font de la nouvelle musique, il y a Fake You que j'aime beaucoup. En ce moment, j'ai une obsession sur Beach Bunny. SquareHead c'est un band que je commence de plus en plus à écouter. Ils ont des grosses chansons qui rapellent Weezer.  Je vais dire Service Conseil puis Rubble. Ce sont deux nouveaux groupes qui ont juste comme EP. Service Conseil, parce que tantôt, je parlais de The Office qui avait inspiré mon premier logo, c'est du punk, ça ressemble beaucoup à du pop-punk aussi. C'est du punk très ludique. C'était comme s'il y avait des gars de bureau qui parlaient de leur job. Ça sonne comme du vieux Green Day. Puis Rubble, c'est une gang de personnes que j'ai rencontrées à travers mes podcasts. C'est le premier band à Cato aussi que vous avez sûrement vu au Turbo Haus. C'est très hardcore. C'est son premier band, puis c'est comme... C'est fou, là. C'est une naturelle. Ils produisent de gros riffs pesants. Puis au drum, il y a Jonathan qui a autant remplacé dans Fake Friends que dans Chop Sue Me, qui a joué dans vraiment plusieurs projets, dans Slouche aussi. Ils commencent à se faire demander d'envoyer des cassettes parce qu'on les a mises sur Rough Times Records, le label de cassettes que j'ai parti, puis qu'on vient de partir avec Wood. Ils se font demander s'ils peuvent distribuer en Australie, aux États-Unis. Ça fait qu'ils se font vraiment demander par plein de monde s'ils peuvent faire leurs copies sur place là-bas. Ça fait que cest du très bon rayonnement pour ce band-là aussi.


Tu as fait partie de plusieurs bands dans le passé, dont La Dérape plus récemment. Tes bands précédents étaient-ils similaire ou différents ?


La Dérape, c'est très différent. Tu sais, j'ai jamais eu de bands qui ont eu un méga rayonnement non plus, c'est vraiment resté à l'ampleur de jams de sous-sol. Mais tu sais, quand t'es dans la vingtaine, puis t'as un band, t'as aucune limite. Tu penses que tu vas atteindre des objectifs qui sont durs à atteindre. Peut-être que tu ne te concentres pas assez sur la musique puis avoir du fun avec les chums, puis le reste va suivre. Tandis qu'avec La Dérape, c'était juste ça. Tu sais, on était quatre gars qui avaient arrêté de faire de la musique parce qu'on avait tous déménagé en banlieue, on avait eu des kids à peu près tous en même temps. Quand on a recommencé à faire de la musique, c'était ça l'objectif, d'avoir du fun. J'ai eu ben plus de fun avec La Dérape. C'est pas comparable. On savait nos ambitions. On a eu la chance de jouer au Pouzza, Music4Cancer. On a atteint des objectifs qu'on s'était jamais fixés. Même, si je ne suis plus dans le band, on a encore un group chat. et des chats individuels. Si jamais, je fais partue d'un autre band un jour, j'espère que ça va être une aussi belle aventure qu'avec La Dérape. Ça duré 7-8 ans.


Tes autres bands étaient-ils aussi Punk?


Un comme comme La Dérape, tu partais un band Punk mais tu te faisais que tu étais un band Métal. J'ai un band qui nommé Black Oxyde et ça sonnait comme du Megadeth. J'ai aussi eu des bands de covers. Je joue du drum et c'est tout. Je gratte très peu la guitare et je n'écris pas. J'aimerais partir un band comme les Ramones. Des chansons linéaires, du gros fun, les gens ne remarquent pas si tu es un virtuose ou pas. Je suis un drummer médium-faible. Le groupe Pasmort me fait tripper. Ce sont des niaiseries, de la culture populaire. C'est un band impossible à ne pas aimer.


Serais-tu prêt à essayer un style de musique complètement différent?


Si je pouvais décider du talent que j'ai, c'est sûr que je me partirais un band Soul. Il y a Danny Rebel and the KGB, qui font du reggae, mais ils font beaucoup de tounes vraiment Soul. Je sais qu'ils sont fans aussi de Motown.


J'ai vu qu'il y des artistes que tu as interviewer plus d'une fois dont Nick Gagnon de Kamakazi. Je me demandais, est-ce que tu trouves ça plus difficile d'interviewer quelqu'un une première fois ou une deuxième fois?


Ça dépend. Je pense que le monde que j'invite plusieurs fois, je pourrais les inviter 500 fois. Tu sais, je pense que j'ai reçu Guilhem sept fois. J'ai eu Hugo Mudie au moins trois, quatre fois. J'ai reçu General Chaos un deuxième fois et ça m'a stressé. C'est un jeune band donc, je ne peux pas creuser de la même façon et je ne veux pas tomber dans les questions que tout le monde pose tout le temps. Lorsqu'il s'agit d'un nouveau band, je ne peux pas les inviter deux fois par année. Je ne fais que 26 épisodes par an, je veux donner la chance à d'autres bands et artistes.


Aurais-tu des conseils pour quelqu'un qui aimerait partir un podcast ou commencer a faire des entrevues ou quoi que ce soit de similaire ?


Fais-le avec, tu sais, ta couleur à toi. Si tu ne veux pas poser les mêmes questions que tout le monde a déjà posé, prépare-toi, puis... Abandonne pas à la première fois que tu rencontres un problème technique ou un booking qui ne marche pas. Si tu le fais d'une manière constante, avec la même passion, il y a juste du bien qui peut sortir de ça. Fait que fais-le égoïstement pour toi, de la meilleure manière que toi tu voudrais... Le podcast que toi, tu voudrais écouter, dans le fond.


                                                   L'épisode avec Sébastien Lefebvre, guitariste de Simple Plan


Pensais-tu que ton podcast allait durer aussi longtemps ou tu n'avais même pas pensé a ça ?


Je n'avais pas pensé a ça. Dans ma tête, je ne partais pas de quoi pour l'arrêter. Mais, je pensais que ça allait finir éventuellement, car je ne pensais pas avoir assez d'invités. Ça pris 6 mois et ma liste ne faisait qu'allonger.


Si vous vous êtes rendus jusqu'ici, merci beaucoup. J'espère que mon entrevue avec Phil vous donner envie de donner une chance a son podcast ou qui sait peut-être de créer votre propre podcast. Si vous décidez de vous lancer dans cette aventure, n'oubliez de le faire pour vous même avant tout. N'oubliez aussi surtout pas que la scène musicale montréalaise regorge de talents que ce soit de jeunes bands motivés ou des vétérans toujours aussi passionnés qui de méritent d'être reconnus davantage. On se voit bientôt pour une autre entrevue. La prochaine a également été réalisée avec une personne ayant un impact considérable sur notre scène musicale locale.



Votre blogueuse (et peut-être future podcast host) bilingue préférée,

Ariane 


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